L’autrice lausannoise Chloé Falcy a remporté la 12e édition du Prix du livre de la Ville de Lausanne pour son roman La mécanique des ailes, paru chez Hélice Hélas Éditeur. Inspirée de la vie du peintre d’art brut Eugène Gabritchevsky, cette fiction historique a été saluée par près de 900 votants.
L’écrivaine lausannoise Chloé Falcy a remporté la 12e édition du Prix du livre de la Ville de Lausanne pour son roman La mécanique des ailes, paru chez Hélice Hélas Éditeur et en librairie depuis le 20 août 2025. Le public a répondu présent, avec près de 900 votes, marquant une hausse de 30% par rapport à l’édition précédente. La proclamation de la lauréate s’est tenue le 2 février 2026 au Théâtre Vidy-Lausanne, en présence du parrain du Prix, Lionel Baier, et des cinq autrices et auteurs de la Sélection.

Un récit où la science dialogue avec la création
Dans un hôpital psychiatrique allemand, un homme peint. Entre les heures blanches et creuses, il convoque les souvenirs d’une enfance dans la Russie des tsars. Fils d’un illustre bactériologiste, inventeur d’un vaccin contre la scarlatine, et d’une mère issue d’une lignée d’armuriers, il est préparé à une vie d’érudition et d’humanisme. C’est pourtant les pieds dans la boue et le regard tourné vers le ciel, au contact des précepteurs de son foyer bourgeois, que se nouent ses deux passions fondatrices: la peinture et l’entomologie.
La Première Guerre mondiale, puis les remous de la révolution d’Octobre, bouleversent l’ordre du monde. Le narrateur fuit la Russie et, saisissant l’occasion d’un exil salvateur autant que nécessaire, part étudier la génétique à New York. Il y rejoint le laboratoire du professeur T. H. Morgan, pionnier des recherches sur la drosophile. Des milliers de mouches en bocaux, la métamorphose comme obsession, et l’épuisement progressif: l’homme devient à son tour insecte de la grande fourmilière moderne. La première crise de dissociation marque un point de bascule.
Ramené en Europe par son frère, il entame une nouvelle vie, cette fois recluse. Paradoxalement, c’est dans l’enfermement que s’affirme son projet le plus ambitieux: rendre l’Art à la Science et la Science à l’Art. D’abord clandestine, sa pratique picturale conquiert peu à peu une reconnaissance qui le mènera à devenir l’une des figures majeures de l’art brut, Eugène Gabritchevsky, dont le roman s’inspire librement. L’ouvrage est accompagné d’une postface de Michel Thévoz.

Une autrice confirmée du paysage littéraire romand
Née en 1991, Chloé Falcy a étudié les langues à l’Université de Lausanne. Elle vit aujourd’hui à Lausanne, où elle travaille dans l’édition en parallèle de son activité d’écriture. Son premier roman, Balkis (2017), a été lauréat du Prix littéraire Chênois et finaliste du Prix des cinq continents de la francophonie ainsi que du Prix de la première œuvre littéraire francophone ADELF-AMOPA. En 2022, elle a reçu la Bourse à l’écriture du canton de Vaud, distinction qui lui a permis d’effectuer une résidence au Château de Lavigny en septembre 2023.
Un prix au rayonnement croissant
Au-delà de la reconnaissance symbolique, la lauréate bénéficie d’une nouvelle résidence littéraire au Château de Lavigny et d’un prix de CHF 5’000.-, tout comme les autres finalistes. Le Prix du livre de la Ville de Lausanne confirme ainsi, après plus de dix ans d’existence, sa mission de promotion des autrices et auteurs de Suisse romande et son ancrage auprès d’un public toujours plus large et plus jeune.
Les autres romans de la Sélection 2025 :
Calcaire d’Antoine Rubin (La Veilleuse)
Les petites musiques de Roland Buti (Zoé)
Le printemps peut-être de Léna Furlan (Slatkine)
Le Match du siècle de Philippe Lamon (Cousu mouche)









