Après avoir fait ses débuts en librairie en 2025 avec Le Lac des signes, Marie-Eve Meuwly poursuit son ascension dans le polar romand. L’autrice fribourgeoise est revenue en juin 2026 avec Passé confessé, paru aux Éditions Montsalvens, un deuxième thriller psychologique qui confirme son attrait pour les enquêtes criminelles, les personnages tourmentés et les secrets enfouis.
À l’occasion de cette nouvelle parution, Slash Culture est parti à sa rencontre pour évoquer son parcours, ses inspirations et les coulisses de son écriture.
Un second roman plus psychologique
Dans Passé confessé, une femme est retrouvée morte au bord d’une rivière, tandis qu’au même moment un employé de l’abbaye d’Hauterive disparaît mystérieusement. Deux affaires qui semblent d’abord indépendantes, jusqu’à ce que le policier Ben et sa nouvelle coéquipière Isis découvrent que les apparences sont trompeuses.
Au fil de l’enquête, les certitudes vacillent, les secrets remontent à la surface et le passé rattrape inexorablement les protagonistes. Pour Marie-Eve Meuwly, ce nouveau roman est avant tout une plongée dans la psychologie humaine.
J’avais vraiment envie de travailler sur les secrets humains, sur la personnalité humaine et sur la culpabilité.
Si l’on retrouve la tension propre au thriller, l’autrice précise qu’il ne s’agit pas d’une suite de Le Lac des signes.
C’est une histoire totalement différente, mais on parle toujours de meurtre… et un peu de sang, quand même.


Après Le Lac des signes, une nouvelle enquête
Publié en 2025, Le Lac des signes emmenait déjà les lecteurs dans une enquête sombre, cette fois autour du Lac Noir. Jane, une jeune enquêtrice marquée par la disparition de ses parents, y poursuivait un tueur en série responsable de crimes particulièrement violents.
L’intrigue explorait déjà les frontières entre la raison et la folie, un thème qui semble traverser toute l’œuvre de Marie-Eve Meuwly.
Une passion née des faits divers
Si le polar s’est imposé naturellement, c’est parce que l’autrice nourrit depuis toujours une fascination pour les enquêtes criminelles.
J’ai toujours été passionnée par le domaine criminel, les enquêtes et les faits divers.
Son histoire familiale n’y est sans doute pas étrangère. Son père était policier et, même s’il n’a pas participé à l’écriture de ses deux premiers romans, il a largement contribué à nourrir son imaginaire.
Fait amusant, il ignorait totalement que sa fille écrivait.
Je lui ai annoncé le jour de son anniversaire que j’allais être éditée. Il était complètement choqué.
La surprise laisse rapidement place à la fierté.
Je ne suis pas certaine qu’il soit très objectif, mais il a adoré le livre.
Écrire au rythme de l’inspiration
Architecte de profession, Marie-Eve Meuwly partage aujourd’hui son temps entre son métier, sa vie de famille et l’écriture.
Cette dernière est arrivée presque par hasard.
Au départ, c’était un passe-temps, un endroit où je pouvais me retrouver. Puis je me suis rendu compte que j’adorais ça.
Si elle écrivait autrefois quotidiennement, l’arrivée récente de son enfant a quelque peu changé ses habitudes.
Parfois, j’écris trois heures d’affilée, d’autres fois seulement dix minutes. Tout dépend de l’inspiration.
Le canton de Fribourg comme source d’inspiration
Les paysages fribourgeois occupent une place centrale dans ses romans. Ce n’est pas uniquement par attachement à sa région, mais aussi par méthode de travail.
Avant d’écrire une scène, Marie-Eve Meuwly se rend sur place, observe les lieux, écoute les sons et s’imprègne de leur atmosphère.
J’ai besoin de sentir l’ambiance, les bruits, les vibrations du lieu.
Selon elle, cette immersion est indispensable pour donner de la crédibilité à ses décors.
Un univers sombre pleinement assumé
Les lecteurs semblent avoir trouvé leur compte dans cet univers où le suspense côtoie des scènes parfois particulièrement violentes.
Une remarque revient néanmoins régulièrement.
Une personne m’a dit que le livre était très sanglant. Mais c’est justement mon univers, alors je l’ai plutôt pris comme un compliment.
Côté lectures, l’autrice apprécie notamment Franck Thilliez, dont elle lisait À retardement au moment de notre entretien.
Elle ne revendique toutefois aucun modèle unique.
Je n’ai aucun modèle. Je lis énormément d’auteurs différents. Ensuite, je fais mon propre mélange.
La suite est déjà en préparation
Marie-Eve Meuwly ne compte pas quitter le polar de sitôt. Un troisième roman est déjà en cours d’écriture. Cette fois, il prolongera l’univers de Passé confessé en retrouvant les mêmes personnages dans une nouvelle enquête, toujours ancrée dans le canton de Fribourg.
Un choix qui s’inscrit dans la continuité de son travail : raconter des histoires profondément humaines dans des lieux qu’elle connaît intimement, où les paysages deviennent eux aussi des acteurs du récit.
Passé confessé
Marie-Eve Meuwly
Editions Montsalvens
CHF 27.- sur www.montsalvens.ch










