Le samedi 11 avril, nous étions au Cully Jazz Festival pour une immersion grandeur nature, au rythme du lac et des notes de jazz. Dès la fin d’après-midi, le ton est donné. On flâne le long des quais, entre les terrasses animées et les ruelles du village. Le Léman en toile de fond, un verre de Chasselas AOC Lavaux à la main : difficile de faire plus local.
Très vite, la musique s’impose comme fil conducteur. Dans les rues, les concerts gratuits attirent un public dense et varié. Jeunes, familles, amateurs éclairés ou simples curieux : toutes les générations se croisent dans une ambiance détendue. Certains s’arrêtent, un verre à la main, d’autres poursuivent leur chemin au gré des scènes.
On a également fait un détour par la galerie davel 14, où le photographe Florian Joye présentait ses visuels réalisés pour l’édition 2026 du festival, une série d’images sensibles et contemporaines inspirées par l’univers lacustre.

À mesure que la soirée avance, direction les scènes principales. Le chapiteau, vaste et confortable avec ses places assises, permet de profiter pleinement des concerts.

Le Cully Jazz Orchestra autour de Victor Decamp ouvre le bal, installant d’emblée une dynamique collective solide et généreuse. L’ensemble déploie un jeu précis, porté par des arrangements soignés et une belle cohésion entre les musiciens.
La transition se fait ensuite naturellement vers The Bad Plus avec Chris Potter et Craig Taborn, pour un concert aussi intense que technique. Le trio repousse les frontières du jazz contemporain, entre virtuosité, tension rythmique et explorations sonores. Deux propositions fortes qui confirment la qualité et l’exigence de la programmation dans ce lieu central du festival.

On enchaîne ensuite avec Theo Croker au Next Step, dans une atmosphère plus intime, mais tout aussi captivante. Dans ce cadre resserré, le trompettiste américain déploie un jeu précis et habité, naviguant entre jazz contemporain, groove et envolées plus… expérimentales. Le public, proche de la scène, capte chaque nuance, porté par une performance à la fois subtile et magnétique.



Entre deux concerts, place aux plaisirs gourmands : des momos asiatiques savoureux, puis un Swiss Burger bien exécuté du Food Bus.

Plus tard, une pause en terrasse permet de découvrir un assemblage rouge du canton, avant de replonger dans la foule.

De retour au Chapiteau, la soirée prend une autre dimension avec Mammal Hands. Le trio britannique installe progressivement une atmosphère enveloppante, entre jazz minimaliste, influences électroniques et motifs répétitifs presque hypnotiques. La tension monte au fil des morceaux, portée par une précision remarquable et une vraie cohésion de groupe.
À la fin, le public se lève comme un seul homme. Standing ovation méritée.

L’organisation impressionne par son ampleur. Les lieux, nombreux et bien répartis, permettent de passer facilement d’une scène à l’autre. À cela s’ajoute l’accueil des bénévoles, disponibles et particulièrement chaleureux, qui contribuent pleinement à l’expérience du festival.
Reste une réserve : l’orientation peut parfois dérouter, surtout lors d’une première immersion. Le plan, assez compact, et l’affluence rendent parfois difficile le repérage des lieux. Mais cette légère désorientation fait aussi partie du charme du festival, où l’on se laisse porter par l’ambiance, d’une scène à l’autre.
La fréquentation est maximale ce samedi soir, preuve de l’attractivité intacte du festival. Les amateurs de jazz naviguent d’un concert à l’autre avec précision, pendant que d’autres savourent simplement l’ambiance, entre lac et musique.

La soirée se termine plus calmement, autour d’un thé vert à la menthe. Une dernière respiration, avant de quitter Cully avec cette impression persistante : ici, le jazz ne s’écoute pas seulement, il se vit.
Si vous souhaitez vous rendre au Cully Jazz Festival, mieux vaut privilégier le train : il dépose les festivaliers à deux pas du site et évite toute contrainte.

Informations pratiques
Jusqu’au 18 avril 2026
Place de l’Hôtel-de-Ville 2, 1096 Cully
Des navettes gratuites entre les gares de Cully et Grandvaux ou reliant les parkings situés dans les hauts de Cully au site du festival circulent toutes les 20 minutes.
Tarif : entre CHF 42.– et CHF 85.– selon les concerts
Informations et billetterie sur www.cullyjazz.ch








