Avec Constellations, la Fondation Beyeler inaugure son nouvel ensemble muséal à Riehen, près de Bâle. Réunissant plus de 200 œuvres majeures, de Claude Monet à Pablo Picasso, en passant par René Magritte et Alexander Calder, l’exposition propose un dialogue inédit entre art, architecture et nature. À découvrir jusqu’au 5 septembre 2027.
La Fondation Beyeler voit les choses en grand. Depuis le 26 septembre 2026, l’institution accueille « Constellations », une exposition d’envergure qui marque une nouvelle étape de son histoire. Pour la première fois, les œuvres investissent simultanément le bâtiment historique imaginé par Renzo Piano, le nouveau musée conçu par Peter Zumthor, ainsi que les espaces naturels et les bâtiments historiques du domaine.
Plus qu’une simple présentation de chefs-d’œuvre, « Constellations » entend renouveler notre manière de regarder l’art. L’idée ? Faire dialoguer des artistes, des époques et des disciplines qui, à première vue, n’ont pas forcément grand-chose en commun. Une approche qui donne naissance à des rapprochements parfois inattendus.
Plus de 200 œuvres réunies dans un même univers
Au cœur de cette exposition exceptionnelle figure la collection constituée par Ernst et Hildy Beyeler, enrichie au fil des décennies par de nouvelles acquisitions et des œuvres contemporaines.
Mais la Fondation ne s’est pas limitée à ses propres trésors. Près de la moitié des œuvres présentées proviennent de prestigieuses collections privées suisses et internationales, dont certaines pièces sont rarement accessibles au public.
Le résultat offre un panorama particulièrement riche de l’art moderne et contemporain, réunissant notamment Claude Monet, Pablo Picasso, Joan Miró, Alberto Giacometti, Ferdinand Hodler, René Magritte ou encore Marlene Dumas.
L’originalité de « Constellations » réside toutefois moins dans l’accumulation de grands noms que dans les relations qui se créent entre leurs œuvres.

Quand Monet rencontre l’art contemporain
Dans le nouveau Wyss Museum, conçu par l’architecte suisse Peter Zumthor, la nature occupe une place centrale. Les grandes baies vitrées laissent entrer la lumière et prolongent visuellement les salles d’exposition vers le parc environnant.
C’est dans ce cadre que les célèbres nymphéas de Claude Monet rencontrent les sculptures de verre de l’artiste américaine Roni Horn. D’un côté, les reflets délicats et les variations lumineuses du peintre impressionniste. De l’autre, d’imposants cylindres de verre aux nuances bleues et violettes, dont l’apparence évolue au gré de la lumière naturelle.
Un dialogue entre deux époques, mais surtout deux manières de saisir le caractère changeant de la nature.
Cette réflexion se poursuit avec Unearthed – Abyss (2021), une tapisserie monumentale d’Otobong Nkanga évoquant la fragilité des écosystèmes marins. Derrière la beauté des couleurs apparaît une interrogation plus sombre sur l’état de notre planète.
Une plongée dans le surréalisme
Changement d’atmosphère à l’étage intermédiaire du Wyss Museum, où l’exposition entraîne les visiteurs dans les profondeurs de l’imaginaire.
Les univers énigmatiques de René Magritte et de Max Ernst y occupent une place de choix. On y découvre notamment L’ange du foyer (Le triomphe du surréalisme) (1937) de Max Ernst, aux côtés de plusieurs œuvres majeures de Magritte.
Le parcours accueille également Passage du Commerce-Saint-André (1952-1954) de Balthus, une scène urbaine troublante dans laquelle les personnages semblent évoluer dans un monde suspendu entre réalité et fiction.
Les sculptures contemporaines de Robert Gober prolongent cette étrangeté, tandis que les créations de Joan Miró et d’Alexander Calder apportent une touche plus ludique.
Ce dernier occupe d’ailleurs une place particulière dans l’exposition. Ses célèbres Constellations de 1943, réalisées à partir de bois et de fils métalliques, ont directement inspiré le principe du parcours : des éléments indépendants qui trouvent leur équilibre à travers les relations qu’ils entretiennent.
Picasso, Giacometti et Hodler retrouvent Renzo Piano
Dans le bâtiment historique de la Fondation Beyeler, imaginé par Renzo Piano, l’ambiance change à nouveau.
Ici, la figure humaine et la peinture figurative occupent une place plus importante. Plusieurs salles sont consacrées à des artistes emblématiques de la collection, parmi lesquels Pablo Picasso, Alberto Giacometti, Willem de Kooning, Marlene Dumas et Ferdinand Hodler.
Une section explore notamment le portrait et l’autoportrait, de Modigliani à Elizabeth Peyton, en passant par des propositions plus inattendues de Bruce Nauman et Wolfgang Tillmans.
Le paysage trouve également sa place, avec des œuvres de Paul Gauguin, Edward Hopper et Ferdinand Hodler. Les nymphéas de Monet y retrouvent les sculptures de Roni Horn, créant un lien artistique entre les deux bâtiments. Le parcours s’achève sur une salle entièrement consacrée à Picasso, figure incontournable de la collection Beyeler.
Un musée qui déborde de ses murs
L’une des particularités de « Constellations » est de ne pas s’arrêter aux portes des salles d’exposition. Dans le parc, les visiteurs peuvent notamment découvrir une sculpture de Maurizio Cattelan représentant un jeune garçon assis au bord du toit du nouveau musée, les jambes suspendues dans le vide, tandis qu’il joue du tambour.

Plus loin, l’artiste japonaise Fujiko Nakaya transforme temporairement le paysage grâce à une installation de brouillard, donnant au jardin une atmosphère presque irréelle. Une nouvelle sculpture de Rachel Whiteread, spécialement conçue pour le site, complète ce parcours extérieur. Même le restaurant participe à l’expérience. Dans une salle intimiste, Rudolf Stingel a imaginé une installation argentée sur laquelle les visiteurs sont invités à laisser leur trace.
Fondation Beyeler, Riehen, près de Bâle
Jusqu’au 5 septembre 2027
www.fondationbeyeler.ch









