Du 14 au 18 octobre 2026, le Lausanne Underground Film & Music Festival (LUFF) célèbre sa 25e édition. Au programme : 83 films, 31 performances sonores, des ateliers et des rencontres artistiques au Casino de Montbenon et dans plusieurs lieux de Lausanne. Un anniversaire placé sous le signe de l’expérimentation et de la culture alternative.
Depuis un quart de siècle, le Lausanne Underground Film & Music Festival cultive sa différence. Loin des productions commerciales et des conventions artistiques, le LUFF défend un cinéma audacieux et des créations musicales qui repoussent les frontières des genres. Pour cette édition anniversaire, le festival promet une nouvelle fois de surprendre les spectateurs avec une programmation aussi éclectique qu’inclassable.
Du mercredi 14 au dimanche 18 octobre, pas moins de 83 longs et courts métrages seront projetés, dont 41 en compétition internationale. Le public pourra également découvrir 31 performances sonores, cinq cinéramas thématiques ainsi que plusieurs ateliers et vernissages. Au total, sept lieux accueilleront les différentes manifestations du festival.
Un cinéma qui ne fait rien comme les autres
Pour ouvrir cette 25e édition, le LUFF présentera Burn, du réalisateur japonais Makoto Nagahisa. Ce drame à l’esthétique pop suit une jeune fille qui fuit ses parents violents pour rejoindre une communauté marginale dans le quartier de Kabukicho, à Tokyo. Derrière une apparente liberté, elle découvre progressivement une réalité bien plus sombre.

La compétition internationale de longs métrages s’annonce tout aussi surprenante. Parmi les films attendus figure Dance Freak, de Robby Rackleff et Alan Resnick, deux créateurs issus de l’univers d’Adult Swim. Cette comédie d’épouvante en noir et blanc raconte comment une expérience gouvernementale qui tourne mal libère un danseur fanatique semant le chaos dans une petite ville américaine.

Autre curiosité, Insectasy, du Canadien Angus Silver, explore les fantasmes d’une jeune femme fascinée par les insectes, tandis que The Plan, de Jessica Barr, plonge les spectateurs dans un thriller paranoïaque tourné en un seul plan-séquence.
Le festival se clôturera avec Wolf Cat Fever, de Josh Sinbad Collins, une comédie punk et psychédélique australienne qui rend hommage au cinéma de série B et à l’esprit rock’n’roll.
Des classiques oubliés aux films expérimentaux
Le LUFF ne se contente pas de présenter des nouveautés. Il propose également de redécouvrir des œuvres méconnues ou longtemps restées invisibles.
Cette année, cinq cinéramas permettront notamment d’explorer le cinéma underground mexicain, les films du réalisateur américain Robert Downey Sr. ou encore les représentations de la religion au cinéma.
Parmi les événements marquants figure la projection d’une version restaurée, intégrale et non censurée des Diables, le film controversé de Ken Russell sorti en 1971.
Les amateurs de cinéma insolite pourront également découvrir La Goulve, du réalisateur français Mario Mercier, dont la restauration sera présentée en première mondiale. Ce film érotico-ésotérique était resté pratiquement invisible pendant plus de cinquante ans.
Le documentaire occupera lui aussi une place importante, notamment avec Felix, Dare to Dream, consacré au Lausannois Felix Leu, figure emblématique du tatouage. À travers des archives familiales et des témoignages, le film retrace le parcours de cet artiste au mode de vie anticonformiste.
Une programmation musicale qui repousse les limites
La musique constitue l’autre grand pilier du LUFF. Durant quatre soirées, la Salle des Fêtes du Casino de Montbenon accueillera des artistes venus explorer les territoires les plus inattendus de la création sonore.
Dès mercredi, l’artiste japonaise schoco mune, installée à Amsterdam, donnera le ton avec une performance de harsh noise, un genre musical caractérisé par ses sonorités particulièrement abrasives.
Le lendemain, Lauren Tosswill proposera une expérience pour le moins originale : un orchestre de téléphones portables destiné à déconstruire les codes de la masculinité.
Vendredi, le public pourra notamment découvrir Erica Dawn Lyle, guitariste américaine issue de la scène underground, ainsi que Jay Mitta et Anti Vairas, qui feront résonner le singeli, une musique électronique tanzanienne aux rythmes particulièrement rapides.
Samedi, Chien Fer revisitera la chanson à texte et la musique cajun à l’aide d’un banjo amplifié, avant que SOUHARCE ne conclue les performances de la Salle des Fêtes avec une proposition mêlant noise et rythmiques électroniques.
En parallèle, l’Esplanade du Casino de Montbenon accueillera une programmation musicale gratuite, permettant à un public plus large de découvrir ces univers sonores.

Des ateliers pour expérimenter autrement
Au-delà des projections et des concerts, le LUFF invite également les visiteurs à participer à plusieurs expériences artistiques.
Le label genevois dents de scie proposera notamment un atelier de création de mixtapes à partir de sons insolites, tandis que l’artiste belge Soumaya Phéline animera une initiation aux usages alternatifs des platines de DJ.
Autre proposition originale, oooo_wave, imaginée par les artistes bernois Yannick Mosimann, Jaronas Höhener et Flo Hufschmid, transformera la salle Paderewski en laboratoire audiovisuel. Cette performance mêlera notamment disques vinyles et projections en 16 mm pour créer une expérience à la frontière du cinéma et de la musique.
Un anniversaire pour défendre la culture alternative
Si cette 25e édition constitue une étape importante dans l’histoire du festival, les organisateurs souhaitent également profiter de cet anniversaire pour attirer l’attention sur la fragilité des espaces culturels alternatifs.
Dans leur éditorial, ils dénoncent notamment la disparition progressive de lieux indépendants, qu’il s’agisse de cinémas, d’ateliers, de galeries ou d’espaces autogérés. Des endroits qui jouent pourtant un rôle essentiel dans l’émergence de nouvelles formes de création.
Cette préoccupation résume finalement assez bien la philosophie du LUFF : défendre une culture qui ose prendre des risques, qui refuse de se conformer aux attentes commerciales et qui laisse une place aux artistes évoluant en dehors des circuits traditionnels.
Vingt-cinq ans après sa création, le festival lausannois continue ainsi de rappeler que le cinéma et la musique peuvent aussi être des terrains de liberté, de contestation et d’expérimentation.
Informations pratiques
Le Lausanne Underground Film & Music Festival se déroule du 14 au 18 octobre 2026, au Casino de Montbenon et dans différents lieux de Lausanne.
Programme complet, horaires et billetterie : www.luff.ch








