Ce 27 mai 2026 a lieu la neuvième Journée suisse de la lecture à voix haute. Partout en Suisse, des lectures sont organisées dans les familles, les écoles, les bibliothèques, les librairies ou encore les musées, dans de nombreuses langues et pour tous les âges. Placée cette année sous le thème « La lecture à voix haute crée des ponts », cette journée célèbre le partage, la transmission et le pouvoir des histoires racontées à voix haute. À cette occasion, Slash Culture donne la parole à quatre éditeurs romands qui mettent en lumière des ouvrages qu’ils souhaitent faire découvrir à un plus large public.
Initiée par l’Institut suisse Jeunesse et Médias, cette manifestation rappelle aussi les nombreux bienfaits de la lecture à voix haute. En plus de stimuler l’imaginaire et d’enrichir le vocabulaire, elle favorise l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, améliore la concentration et aide à mieux comprendre les textes. Lire à voix haute permet également de travailler la prononciation, la mémoire et l’aisance à l’oral. Souvent associée à l’enfance, cette pratique reste pourtant bénéfique à tout âge, que ce soit pour le plaisir, l’apprentissage ou simplement pour partager un moment autour des mots et des histoires.
À l’occasion de cette journée spéciale, Slash Culture a demandé à plusieurs maisons d’édition romandes quel ouvrage de leur catalogue elles aimeraient voir davantage lus et entendus. Romans sensibles, récits intimes, bande dessinée ou fables : voici quatre livres que leurs éditeurs rêvent de faire entendre à voix haute.
La Fortune, de Catherine Safonoff (Éditions Zoé)


Catherine Safonoff, autrice de “La Fortune”
Paru en avril 2024, La Fortune s’inscrit dans l’œuvre profondément intime et singulière de Catherine Safonoff. L’autrice y suit une femme de 80 ans contrainte de quitter la maison où elle vivait depuis de longues années, alors que remontent à la surface souvenirs, colères et scènes familiales.
Les Éditions Zoé décrivent un texte à la fois drôle, cruel et lumineux, porté par une écriture acérée qui transforme cette histoire de déménagement en véritable aventure intérieure.
Le roman raconte comment une femme tente de comprendre sa propre relation à l’argent, à la dépendance et à la famille, tandis que se mêlent passé et présent dans un récit profondément humain.
En octobre 2026, le volume Catherine Safonoff oeuvres choisies donnera son envol à la nouvelle collection des éditions Zoé, Les dirigeables.
Fabuleux, 40 fables de Jean de La Fontaine à lire et écouter (Éditions Montsalvens)


Francis Antoine Niquille, fondateur des Éditions Montsalvens
« À l’œuvre, on connaît l’artisan », écrivait Jean de La Fontaine. À l’ouvrage, ici, on peut reconnaître l’éditeur. Pensé initialement pour célébrer les 400 ans de la naissance de Jean de La Fontaine en 2021, le recueil Fabuleux n’a finalement vu le jour que deux ans plus tard, retardé par la pandémie et les complications qui en ont découlé.
L’ouvrage réunit 40 des plus célèbres fables de Jean de La Fontaine en français et en patois, accompagnées de versions audio accessibles grâce à des QR codes. “Une manière moderne de remettre au goût du jour les fables qui ont bercé notre enfance” confie Francis Antoine Niquille, fondateur des Éditions Montsalvens.
Le projet rassemble le travail du traducteur Djan Charrière, de l’illustrateur Philippe Gallaz et de Marie-Joëlle Chappuis, dans une volonté de faire dialoguer patrimoine et nouvelles formes de transmission culturelle. Pensé aussi comme une expérience sonore, l’ouvrage permet d’accéder aux versions audio complètes des fables grâce à des QR codes intégrés au livre. La plateforme fables.ch propose quant à elle plusieurs extraits accessibles au public.
Les enregistrements ont été réalisés par plusieurs lectrices et lecteurs en français (Pierre Crevoisier, Renato Delnon, Raymond Gachet, Véronique Mooser, Francis Antoine Niquille, Dominique Pasquier, Jean Rime, Viviane Rime et Jean Winiger) ainsi qu’en patois (Chantal Berset, Hubert Brodard, Jean Charrière, Delphine Gachet, Raymond Gachet, Romain Pittet et Louanne Ruffieux). Une manière de prolonger la tradition orale au cœur même du projet.
« Dans le cadre d’une journée consacrée à la lecture à voix haute, ce livre apparaît comme une évidence : une invitation à redécouvrir La Fontaine, par la lecture autant que par l’écoute. Les fables sont accessibles pour tous, les petits comme les grands » souligne Francis A. Niquille.
Banana Split, de Krel (Hélice Hélas)


Alexandre Grosjean, co-fondateur des éditions Hélice Hélas
Du côté des éditions Hélice Hélas, le choix s’est porté sur Banana Split de Krel. Un choix qui peut surprendre, puisque l’ouvrage est une bande dessinée. Pour Alexandre Grandjean, la BD est pourtant « une forme de littérature, presque poétique ou théâtrale à sa manière ». Il souligne que tout le travail de Krel repose précisément sur la notion de voix, de timbre et de manière d’habiter l’espace du récit.
Dans cet univers post-apocalyptique peuplé de personnages absurdes et violents, le livre interroge les notions de vérité, de croyance et de narration. Entre jeux graphiques, couleurs et polyphonie, Banana Split explore la puissance des histoires et de celles et ceux qui les racontent.
À l’ombre de l’arole, de Janie Ansermot (Les Éditions du Chien Jaune)


Janie Ansermot, autrice de “À l’ombre de l’arole”
Publié en août 2025, À l’ombre de l’arole est le premier livre de Janie Ansermot. Les Éditions du Chien Jaune évoquent un véritable « coup de foudre » pour ce huis clos montagnard empreint de sensibilité et d’espoir.
Le roman suit Andrea, une bergère solitaire vivant dans un alpage, dont le quotidien est bouleversé par l’arrivée d’un acteur parisien venu préparer un rôle, puis par celle d’un migrant blessé traversant les Alpes. Trois personnages que tout oppose se retrouvent réunis dans un refuge isolé.
À travers cette rencontre improbable, Janie Ansermot signe un texte sur la nature, la solidarité et le respect des différences. Un récit décrit par son éditrice Corinne Jaquet comme « une bouffée de bon air et un moment de générosité ».
À lire également : À l’ombre de l’arole, ou la puissance des liens humains









