Le cinéma suisse va rayonner sur la Croisette. Jusqu’au 23 mai, le Festival de Cannes accueillera plusieurs productions et coproductions helvétiques dans ses différentes sélections officielles et parallèles. Longs métrages, documentaires, films hybrides ou courts métrages : la présence suisse s’annonce particulièrement riche et variée pour cette édition 2026.
Parmi les projets les plus attendus figure I’ll Be Gone in June de la réalisatrice allemande Katharina Rivilis, présenté dans la section Un Certain Regard. Cette coproduction germano-suisse, à laquelle participe la société helvétique 8horses fondée par Olga Lamontanara et Simon Jaquemet, est également produite par Wim Wenders.
Le film suit Franny, une adolescente allemande envoyée en échange scolaire à Las Cruces, au Nouveau-Mexique, en 2001. Entre chaleur écrasante, isolement et nuits agitées, la jeune fille peine à trouver sa place dans une Amérique bouleversée par les attentats du 11 septembre. Sa rencontre avec Elliott, un garçon aussi mélancolique qu’elle, fait naître une relation empreinte de douceur et de fragilité. Mélange de road movie et de récit initiatique, ce premier long métrage marque l’une des présences suisses les plus exposées de cette édition.

La Suisse sera également représentée dans la section La Cinef, consacrée aux écoles de cinéma et aux nouveaux talents. Les Vaudois Noa Epars et Marvin Merkel, étudiants à la HEAD de Genève, y présenteront Always Wanted to Be God, Never Wanted to Do Good. Ce court métrage hybride, entre documentaire, fiction et expérimentation, revient sur des actes de vandalisme commis contre des croix de montagne en Suisse romande à la fin des années 2000.
Du côté de la Semaine de la Critique, deux productions liées à la Suisse feront leur première mondiale. Avec Dua, la réalisatrice kosovare Blerta Basholli plonge dans le Pristina de la fin des années 1990. Alors que la guerre approche et que les tensions ethniques s’intensifient, une adolescente de 13 ans tente de trouver sa place dans un monde en train de basculer. Le film est coproduit par la société genevoise Alva Film.

Le court métrage documentaire I Think You Should Be Here, signé Anna-Marija Adomaitytė et Elie Grappe, sera également présenté dans cette section. Produit par Bande à part Films à Lausanne, le projet suit sept jeunes Genevoises à l’aube de l’âge adulte, chacune enfermée dans sa chambre, reconstruisant une mémoire intime façonnée par les réseaux sociaux et TikTok.
Dans la sélection Acid Cannes, dédiée au cinéma indépendant, on retrouvera Summer Drift (Virages) de Céline Carridroit et Aline Suter. Produit notamment par la société genevoise Cavale Films, ce film hybride raconte l’été de Johanna, ouvrière dans une manufacture horlogère genevoise, qui décide de réparer sa vieille Volkswagen Coccinelle afin de participer à une course automobile.
La Quinzaine des cinéastes accueillera quant à elle Gabin du réalisateur français Maxence Voiseux, coproduit par la société genevoise Rita Productions. Le documentaire suit pendant dix ans un jeune garçon du nord de la France destiné à reprendre la boucherie familiale, mais rêvant d’un autre avenir.
Plusieurs talents suisses participeront également au festival à travers des productions étrangères. Le Franco-Suisse Yvo Muller codirige avec Lauriane Escaffre L’Affaire Marie-Claire, présenté dans la section Special Screenings, avec Charlotte Gainsbourg et Cécile de France au casting.

La réalisatrice italo-suisse Sarah Arnold dévoilera son premier long métrage L’Espèce explosive (Too Many Beasts) à la Quinzaine des cinéastes. Le film met notamment en scène Ella Rumpf dans un thriller rural où des sangliers géants sèment le chaos dans une région agricole française.
Au-delà des projections, plusieurs professionnels suisses seront également mis en avant au Marché du Film. La productrice tessinoise Michela Pini participera au prestigieux programme Producers on the Move de l’European Film Promotion. La compositrice suisse Mirjam Skal a été sélectionnée pour Spot the Composer, tandis que la productrice Fabiana Seitz intégrera le programme New Producers Room.
Avec cette présence remarquée dans plusieurs sections majeures du festival, la Suisse confirme une nouvelle fois la vitalité de sa scène cinématographique. Entre jeunes talents, récits intimes, formes hybrides et coproductions internationales, le cinéma helvétique continue de se faire une place de choix sur la scène mondiale.









