À Lausanne, la bande dessinée s’apprête à prendre une nouvelle dimension. Pour sa 20e édition, le festival BDFIL voit les choses en grand : plus de 100 artistes invités, plus de 80 événements, et une programmation qui embrasse toutes les facettes du 9e art. Jusqu’au 10 mai 2026, le quartier de la gare devient un véritable laboratoire de création et de rencontres.
Mirion Malle, une invitée d’honneur au cœur de son époque
Pour marquer cet anniversaire, BDFIL met à l’honneur Mirion Malle. Figure incontournable de la bande dessinée contemporaine, elle incarne une génération d’autrices qui interrogent les récits, les représentations et les dynamiques sociales.
À travers ses ouvrages, Mirion Malle aborde avec finesse des thématiques comme le féminisme, les rapports de domination ou encore la culture médiatique. Son travail, à la fois accessible et engagé, trouve naturellement sa place dans une édition qui souhaite refléter les évolutions actuelles du médium.
Exposition, rencontres, discussions : sa présence irrigue l’ensemble du festival et donne le ton d’une programmation attentive aux enjeux contemporains.



Une constellation d’artistes entre icônes et nouvelles voix
Autour de l’invitée d’honneur, BDFIL réunit une impressionnante diversité d’auteurs et autrices. Parmi eux, Guy Delisle, Marcello Quintanilha, Charles Berberian ou encore Fanny Vaucher.
À leurs côtés, la relève s’impose avec des signatures comme Emilie Gleason, Elodie Shanta ou Valentine Cuny-Le Callet. Le festival joue ainsi sur un équilibre fin entre grands noms et découvertes, entre succès populaires et propositions plus contemporaines.
Autre moment fort : les retrouvailles avec d’anciens invités d’honneur. Zep, Cosey, Frederik Peeters, Loustal, Baladi ou encore Guillaume Long seront présents pour célébrer les 20 ans du festival. Une manière de tisser un fil entre les différentes générations qui ont façonné BDFIL.

Le Québec à l’honneur : une scène vibrante et engagée
Cette édition met également en lumière la richesse de la bande dessinée québécoise. Une délégation importante fera le déplacement, avec notamment Alex A., Jimmy Beaulieu, Julie Rocheleau ou François Vigneault.
Au-delà des noms, c’est toute une scène qui se dévoile : plurielle, inventive, souvent engagée. Les rencontres et discussions proposées permettront d’explorer ses spécificités, ses influences et ses évolutions, offrant un regard élargi sur le 9e art contemporain.

Une programmation foisonnante et transversale
BDFIL ne se limite pas aux expositions. Le festival multiplie les formats pour faire vivre la bande dessinée sous toutes ses formes.
Workshops, visites guidées, conférences et tables rondes aborderont des thématiques variées : les liens entre BD et cinéma, la bande dessinée documentaire, la famille, l’humour, l’espace ou encore les questions queer.
Côté performances, plusieurs rendez-vous promettent de marquer les esprits :
– une conférence dessinée consacrée au complotisme ;
– un concert dessiné autour de Train de nuit dans la Voie lactée ;
– un duel graphique France–Suisse ;
– un spectacle d’improvisation dessinée.
Autant de formats hybrides qui montrent à quel point la BD dépasse aujourd’hui le simple cadre de la page.
Des sorties éditoriales et une carte blanche attendue
Cette 20e édition est aussi rythmée par plusieurs parutions. Parmi elles, Flèche de Simon Beuret (Atrabile), carte blanche du festival, qui explore avec sensibilité les notions de liberté, de révolte et de folie. Flèche, c’est l’histoire d’un concierge qui pratique le sabotage. Entre ville et campagne, ce récit d’aventures questionne le changement, la transformation
des lieux et la radicalisation de son personnage. Pour sa deuxième bande dessinée, l’artiste propose une réflexion profonde sur la liberté, l’amitié, la révolte et la folie.
D’autres sorties viendront enrichir le paysage éditorial durant l’événement, comme Collections Bestiales de MarieMo paru chez Hélice Hélas, ou encore des publications internationales signées KarinKa et Juliette Boutant.


Une ville transformée et un festival qui déborde
Pendant deux semaines, Lausanne devient un terrain d’expression pour la bande dessinée. Le quartier de la gare accueille le cœur du festival, mais BDFIL déborde largement de ses espaces principaux.
Dès le premier week-end du 1er au 3 mai, le festival entre dans le vif du sujet avec une concentration d’événements. Le vendredi 1er mai, l’ambiance est déjà bien lancée avec une session participative Draw & Drink, suivie d’un DJ set de l’invitée d’honneur Mirion Malle à La Datcha, preuve que la BD se vit aussi la nuit.
Le samedi 2 mai, la programmation se déploie dans toute sa richesse : rencontres autour de la bande dessinée québécoise, discussions sur les liens entre BD et intelligence artificielle, ou encore tables rondes sur la BD documentaire et ses enjeux contemporains. À cela s’ajoutent performances, ateliers et vernissages, notamment celui de la carte blanche de Simon Beuret.
Le dimanche 3 mai prolonge cette dynamique avec des conférences sur la fantasy, la BD post-apocalyptique ou encore la censure des images, sans oublier un concert dessiné autour de Train de nuit dans la Voie lactée, qui incarne parfaitement les formes hybrides explorées par le festival.

Le week-end suivant, les 9 et 10 mai, vient clore le festival en apothéose. Le samedi 9 mai enchaîne rencontres, duel graphique et soirées festives, dont un concert dessiné réunissant Charles Berberian et Alfred, suivi d’un karaoké dessiné. Le dimanche 10 mai, plus apaisé, propose encore conférences, ateliers et projections, dont une rencontre autour du lien entre BD et cinéma avec Mirion Malle, ainsi qu’une conférence dessinée sur le complotisme.
Le lendemain, dimanche 10 mai, le festival se conclut avec une programmation dense et accessible : une session de dessin improvisé, une rencontre autour du lien entre BD et cinéma avec Mirion Malle, ou encore une conférence dessinée sur le complotisme. Côté ateliers, un workshop en stop-motion en lien avec l’exposition dédiée à Isao Takahata vient compléter l’expérience, tandis que projections et lectures prolongent l’immersion dans le 9e art.
Entre performances, rencontres et formats hybrides, ces deux week-ends concentrent toute l’énergie de BDFIL et illustrent sa capacité à faire dialoguer les publics, les pratiques et les générations.










